Les femmes aiment le foot, ça dérange qui ?

EURO 2016. Les préjugés veulent que les hommes soient comblés et les femmes complètement désespérées face à un match de foot. Qu’en pensent les femmes supportrices ? Reportage lors du match Allemagne-Pologne.

Par Samia BENZAID

17h. À peine arrivé à la station RER « La Plaine, Stade de France », le regard peine à trouver des femmes dans la foule. Dans cette marée humaine de supporters, il y a vraiment beaucoup, beaucoup plus d’hommes que de femmes ! Continuer à lire

La France et la Suisse se sont neutralisées dimanche soir

EURO 2016. L’Equipe de France s’est rendue à Lille ce dimanche où elle a affronté la Suisse au stade Pierre Mauroy. C’est sur une pelouse dégradée que les joueurs de Didier Deschamps ont concédé le match nul dans une rencontre à l’intensité de jeu très variable parfois peu captivant.

Par Houria Mabrouk.

Déjà qualifiée, l’équipe de France avait pour objectif de garder la tête du groupe A et de produire un jeu plus intéressant. Lors des matches précédents, face à la Roumanie et l’Albanie, l’équipe de France s’est montrée peu dynamique, manquant cruellement d’inventivité et n’ouvrant le score qu’à la fin du temps réglementaire des quatre-vingt-dix minutes. Contre les Suisses, Didier Deschamps a composé un groupe inédit. Ngolo Kanté est remplacé par Yohan Cabaye au milieu de terrain. André-Pierre Gignac a été préféré à Olivier Giroud au poste d’attaquant pour construire un jeu plus solide et surtout porter vers l’avant.

Ces changements ont porté leurs fruits puisque les Bleus ont bien entamé leur match en portant le danger sur la surface de réparation suisse. L’impulsion apportée par Paul Pogba fut concluante puisqu’il créé la première occasion française qui échoue sur la barre transversale (10ème). Il récidivera quelques minutes plus tard avec une deuxième frappe cadrée. Le milieu de terrain a ainsi répondu aux critiques faites sur sa mauvaise forme du moment et à la polémique provoquée par son bras d’honneur à la fin du match face à l’Albanie.

La deuxième période est à l’image de la première. Des tentatives d’attaques du côté des Français qui ont dominé durant tout le match alors que l’équipe helvétique procède en contre-attaque pour tenter d’ouvrir la marque mais sans succès. C’est encore une fois l’équipe de France qui mène une action à la 75èmeminute. Dimitri Payet, entré à l’heure de jeu à la place de Kingsley Coman, a tenté une frappe puissante dont il a le secret, suite à un débordement sur le côté droit initié par Moussa Sissoko. Ce dernier s’est illustré pour son premier match dans la compétition.

L’intensité du début de match s’est très vite essoufflée. Aucune équipe n’a trouvé la faille. Pour la France, les tirs viennent mourir sur la barre supérieure des cages adverses ou dans les gants du gardien suisse Yann Sommer. Les Suisses qui procédaient généralement en contre-attaque, voient leurs actions buter sur une défense française bien organisée.

Le match s’est terminé sur le score de 0-0. L’équipe de France a fini première de son groupe. Les Bleus se focalisent désormais sur la prochaine étape de la coupe d’Europe. Il faut attendre les résultats des autres groupes. Le 3ème du groupe C, D ou E pourrait être le futur adversaire des bleus.

De la fan zone au temple de la consommation

EURO 2016. Au pied de la tour Eiffel, les supporteurs sont autant conviés à regarder les matchs qu’à dépenser leur argent. Le jeu aurait-il vendu son âme au business foot ? Reportage.

Par Samia BENZAÏD.   

« On veut vivre l’Euro à défaut de le regarder », affirme Arthur, un jeune supporteur de 20 ans, une bière à la main. Le cœur de l’Euro n’est plus forcément dans les stades. Pour une ambiance festive et décontractée l’Euro a tout prévu : que demande le peuple !

La fan zone, située sur le champ de Mars à Paris, est une façon convivial de suivre les matchs de l’Euro. Arthur et Sylvain, satisfaits et joviaux, sont venus spécialement de l’Essonne, ce dimanche 19 juin 2016 pour assister au match France-Suisse et retrouver des amis. Encore faut-il ne pas se perdre lorsque l’on vient en groupe, avec une capacité d’accueil de 80 000 personnes. Ce soir-là, « c’est bondé de monde et c’est comme ça seulement lorsque la France joue », raconte un pizzaiolo en plein rush. Pour ceux qui n’ont pas les moyens, l’accès gratuit, est une alternative permettant d’accéder à une atmosphère similaire à celle du Stade de France.

Même la tour Eiffel s’est apprêtée pour l’occasion, avec un ballon géant accroché entre le premier et le deuxième étage ! La dame de fer s’illumine aussi des couleurs nationales de chaque pays participants l’Euro. Ce qui fait son petit effet, surtout dans le regard des touristes. Pendant le match, elle n’est pourtant pas le centre d’intérêt et plus on avance vers l’écran principal, plus la densité de personnes est à son maximum.

Avec cette manie d’avoir les yeux rivés vers l’écran, les différents supporteurs donnent l’impression de faire partie d’une secte obnubilée par une sorte de gourou du football, que sont ces écrans.

75è minute, le tir puissant sur la transversale de l’attaquant français Dimitri Payet a suscité une réaction immédiate, vive et collective. La déception s’en ressent ! Un groupe de supporters irlandais cri, chante, scande son soutient à la France. « La fan zone, c’est magique », s’extasient-ils tous en folie. Une bande de jeunes venant de Creil, dans l’Oise, semble être du même avis et n’a pas hésité à faire le déplacement. Mais Rachid se distingue en formulant d’autres motivations, « Le foot c’est bien, les meufs c’est mieux ». Et s’il trouve chaussure à son pied, il pourra toujours l’emmener dans la zone de restauration.

Du supporteur au consomateur

Les organisateurs ont pensé à tout. Surtout à comment profiter de cette opportunité pour penser rentabilité. Du foot au business, il n’y a qu’un pas. Des supporters à la consommation, il y a le marketing. Un McDonald’s a envahi les lieux et s’installe provisoirement sur cette espace dédié, initialement, aux les supporters. Deux étudiantes, Clémence et Héloise, 25 ans, tournent le dos aux écrans et ne semblent pas intéréssées par les rebondissements du match. Elles rigolent, papotent et mangent. « Nous sommes venues pour le Mcdo, et puisque la France jouait, on s’est dit que c’était l’occasion de profiter de la fan zone ».

Des maillots, de la nourriture, des boissons… tout a été imaginé pour donner vie à ce lieu transformée en véritable village de la consommation. Coca Cola a un tel monopole que le choix reste presqu’une illusion.« Je n’aime pas les boissons gazeuses, évite les boissons trop sucrées et ne paierai jamais une somme astronomique pour de l’eau », ronchonne un jeune supporter en voyant qu’une bouteille d’eau de 33cl coûte 4 Euros. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à regarder la suite du match.

Monsieur Maya venu accompagné de sa famille, n’a pas songé une seconde à mettre la main au porte-feuille. «  Le but de mon déplacement n’est pas de me faire déplumer, mais de me détendre en famille et passer un moment sympa en soutenant l’équipe de France ». Il faut croire que quelle que soit l’équipe championne de cet Euro 2016, les grands gagnants sont bien les multinationales, profitant de l’événement pour s’en mettre plein les poches.

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Quand le supporteur vide ses poches, l’Euro empoche !

EURO 2016. Combien un supporter est-il prêt à dépenser pour soutenir son équipe ? Combien rapporte un match ? Les Français sont-ils les plus radins ? De quelques centaines à des millions d’euros, le business foot remporte toujours la mise. Reportage.

Par Seyni NDIAYE.

80 € pour le transport, 60 € pour le maillot officiel, 10 € pour l’écharpe, 5 € de maquillage, 60 € de nuit d’hôtel par jour, etc. Continuer à lire

De la fan zone au temple de la consommation

EURO 2016. Au pied de la tour Eiffel, les supporteurs sont autant conviés à regarder les matchs qu’à dépenser leur argent. Le jeu aurait-il vendu son âme au business foot ? Reportage.

Par Samia BENZAÏD.   

« On veut vivre l’Euro à défaut de le regarder », affirme Arthur, un jeune supporteur de 20 ans, une bière à la main. Le cœur de l’Euro n’est plus forcément dans les stades. Pour une ambiance festive et décontractée l’Euro a tout prévu : que demande le peuple !

La fan zone, située sur le champ de Mars à Paris, est une façon convivial de suivre les matchs de l’Euro. Arthur et Sylvain, satisfaits et joviaux, sont venus spécialement de l’Essonne, ce dimanche 19 juin 2016 pour assister au match France-Suisse et retrouver des amis. Encore faut-il ne pas se perdre lorsque l’on vient en groupe, avec une capacité d’accueil de 80 000 personnes. Ce soir-là, « c’est bondé de monde et c’est comme ça seulement lorsque la France joue », raconte un pizzaiolo en plein rush. Pour ceux qui n’ont pas les moyens, l’accès gratuit, est une alternative permettant d’accéder à une atmosphère similaire à celle du Stade de France.

Même la tour Eiffel s’est apprêtée pour l’occasion, avec un ballon géant accroché entre le premier et le deuxième étage ! La dame de fer s’illumine aussi des couleurs nationales de chaque pays participants l’Euro. Ce qui fait son petit effet, surtout dans le regard des touristes. Pendant le match, elle n’est pourtant pas le centre d’intérêt et plus on avance vers l’écran principal, plus la densité de personnes est à son maximum.

Avec cette manie d’avoir les yeux rivés vers l’écran, les différents supporteurs donnent l’impression de faire partie d’une secte obnubilée par une sorte de gourou du football, que sont ces écrans.

75è minute, le tir puissant sur la transversale de l’attaquant français Dimitri Payet a suscité une réaction immédiate, vive et collective. La déception s’en ressent ! Un groupe de supporters irlandais cri, chante, scande son soutient à la France. « La fan zone, c’est magique », s’extasient-ils tous en folie. Une bande de jeunes venant de Creil, dans l’Oise, semble être du même avis et n’a pas hésité à faire le déplacement. Mais Rachid se distingue en formulant d’autres motivations, « Le foot c’est bien, les meufs c’est mieux ». Et s’il trouve chaussure à son pied, il pourra toujours l’emmener dans la zone de restauration.

Du supporteur au consommateur

Les organisateurs ont pensé à tout. Surtout à comment profiter de cette opportunité pour penser rentabilité. Du foot au business, il n’y a qu’un pas. Des supporters à la consommation, il y a le marketing. Un McDonald’s a envahi les lieux et s’installe provisoirement sur cette espace dédié, initialement, aux les supporters. Deux étudiantes, Clémence et Héloise, 25 ans, tournent le dos aux écrans et ne semblent pas intéréssées par les rebondissements du match. Elles rigolent, papotent et mangent. « Nous sommes venues pour le Mcdo, et puisque la France jouait, on s’est dit que c’était l’occasion de profiter de la fan zone ».

Des maillots, de la nourriture, des boissons… tout a été imaginé pour donner vie à ce lieu transformée en véritable village de la consommation. Coca Cola a un tel monopole que le choix reste presqu’une illusion.« Je n’aime pas les boissons gazeuses, évite les boissons trop sucrées et ne paierai jamais une somme astronomique pour de l’eau », ronchonne un jeune supporter en voyant qu’une bouteille d’eau de 33cl coûte 4 Euros. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à regarder la suite du match.

Monsieur Maya venu accompagné de sa famille, n’a pas songé une seconde à mettre la main au porte-feuille. «  Le but de mon déplacement n’est pas de me faire déplumer, mais de me détendre en famille et passer un moment sympa en soutenant l’équipe de France ». Il faut croire que quelle que soit l’équipe championne de cet Euro 2016, les grands gagnants sont bien les multinationales, profitant de l’événement pour s’en mettre plein les poches.

France – Suisse : l’ambiance n’est pas au rendez-vous…

EURO 2016. Dimanche 19 juin, les supporteurs se sont réunis sur la terrasse du bar « Les Rigoles » dans le XXe arrondissement de Paris. L’atmosphère est plutôt calme, pas d’effervescence. Pourtant, ils regardent le match qui oppose la France et la Suisse.

Par Ndeye SAMB.

Dimanche 19 juin, dans le XXe arrondissement de Paris, à la terrasse des « Rigoles ». Les gens du quartier se donnent rendez-vous dans ce bar-restaurant depuis qu’a débuté l’Euro 2016 pour regarder les matchs et passer un bon moment entre amis. Il est 20h30. Les supporters de l’équipe de France s’installent petit à petit pour regarder le match France – Suisse sur l’écran géant qui vient d’être installé. Sur la trentaine de personnes présentes, surtout des hommes. Le drapeau français est partout présent sur la terrasse : sur les joues et les bras des supporters, y compris sur les pailles avec lesquelles ils sirotent leurs cocktails. L’ambiance est très calme.

A la 11e minute Paul Pogba, milieu de terrain de l’équipe de France, saisit la première occasion de marquer un but. Il tente à de multiples reprises de faire avancer le score. La pression monte. Sur la terrasse, aucune réaction des supporters. Paul Pogba se démène et donne tout. Il déchire par accident le maillot de Granit Xhaka, un joueur de l’équipe suisse. « C’est de la merde son maillot ! » crie Claire, une urbaniste de 33 ans, avant d’ajouter : « très belle défense suisse ».

L’atmosphère dans laquelle les supporters regardent le match reste calme, toujours pas d’effervescence, peu d’excitation. « Xhaka! » s’exclame Claire « Je crie pour mettre de l’ambiance sur la terrasse car il n’y en a pas beaucoup. Les gens ne se laissent pas aller. Ils ne lâchent pas prise. Ca ne sert à rien d’être dans un bar si c’est juste pour regarder le match sans rigoler. Ceux qui aiment le foot doivent se lâcher ! ». Un peu plus loin, Alexandre, 25 ans, étudiant en cinéma, souligne avec ironie : « Grande Télé, Grande Ambiance. » « J’imagine que dans la fan zone, l’ambiance doit être plus joyeuse », suppose Paul, 34 ans, qui travaille dans le transport ferroviaire. Avant d’ajouter : « L’équipe de France doit se ressaisir et montrer sa force aux Suisses ». Tous ne sont pas d’accord. Pour Julien, un consultant de 34 ans, « le match se déroule de manière positive, les Bleus font des choses qu’ils n’ont pas faites dans les premiers matchs, il y a de belles occasions ». En revanche il reconnaît que « l’ambiance dans le bar est réservée, les supporters ne sont pas assez expressifs, ils sont très observateurs ».

Lorsqu’il y a de l’action sur le terrain, des pics d’excitation sont franchis. Le public se réveille. « Allez là ! » crie Paul. A la 75e minute, la foule se fige de stupeur à la tentative de but de Dimitri Payet, attaquant de l’équipe de France. Des supporters posent les mains sur leur tête. Les supporters s’impatientent, veulent des buts. Mais le match se solde par un résultat nul. Les Français, un peu déçus, quittent le bar et rentrent chez eux.

A une table, un groupe de jeunes rigole et boit de la bière. Baptiste, âgé de 25 ans, est étudiant en architecture. « C’est dommage, on aurait pu gagner. Ce n’est pas passé loin. L’ambiance de ce soir était sympa, calme. C’était un match sans enjeux. Si la France avait gagné, il y aurait eu plus d’ambiance. » Baptiste avait pronostiqué 4-0 pour la France. « Je me suis planté. Il n’y a pas eu de but. C’est sacrément sympa ! » Ironise-t-il. « L’important, c’est de participer » se moque son ami Romain.

L’ambiance en ce dimanche 19 juin n’était pas vraiment au rendez vous. Le match ne présentait pas d’enjeu pour la France. Au prochain match, les Bleus seront en Huitième de finale. L’enjeu sera plus important et les supporters peut-être plus démonstratifs.