« C’est possible faisons le ! »

Miro Griffith

Miro Griffith

Dans le cadre du Forum mondial des droits de l’Homme, des personnes handicapées et des associations les soutenant ont témoigné des difficultés qu’elles rencontrent pour accéder à l’éducation et au travail.

Article de Mouna Chebil

Il n’est pas toujours facile pour les personnes handicapées d’être acceptées par la société et de suivre une scolarité normale. Certaines souffrent pendant leur scolarité, une scolarité compliquée qui laisse à certains un très mauvais souvenir. Les personnes handicapées sont souvent victimes de harcèlement et de moquerie. Antony Penaud, de l’Association des paralysés de France (APF) et président de l’association OREA, est mal voyant. Il explique qu’il était dans une école classique et qu’il a été maintes fois victime de moqueries, de la part de ses camarades mais aussi du personnel éducatif. Tout le monde ne réagit pas de la même façon. Antony a aussi eu des professeurs extraordinaires qui l’ont beaucoup aidé et soutenu. Il explique d’ailleurs que « la situation avance doucement, mais ce n’est pas encore gagné ».

Aujourd’hui, dans le monde, soixante douze millions d’enfants sont exclus de l’école à cause de leur handicap, et ce même si l’éducation est un droit universel. Ils doivent surmonter les difficultés, comme par exemple pour se déplacer jusqu’à l’école, alors qu’il est plus facile d’apprendre dans des écoles de proximité. « Dans chaque quartier, il devrait y avoir une école qui accueille des enfants en situation d’handicap », déclare Johanna Rolland, vice-présidente de Nantes Métropole, adjointe au maire de la ville de Nantes. Les personnes souffrant d’un handicap n’ont pas non plus accès à une formation leur permettant de décrocher un travail. Pourtant, « les personnes handicapées peuvent énormément contribuer à la société », affirme Miro Griffiths, membre de l’ONG britannique Alliance of Inclusive Education et membre du British Council, lui aussi atteint d’un handicap. Antony témoigne aussi du problème du chômage : « On me bloque encore les portes ».

Les personnes handicapées, pas vraiment considérées comme égales

Pour Grégoire Charmois, directeur de la délégation départementale de Loire-Atlantique de l’APF : « Ce n’est pas aux gens de s’adapter à la société, mais c’est à la société de s’adapter à la diversité des gens. » Les associations d’aide se multiplient. Elles se battent pour qu’on ne délaisse pas les gens en situation de handicap mais au contraire qu’on les soutienne. Elles cherchent aussi à apporter un nouveau regard sur les personnes handicapées. Elles appellent à une société inclusive, à une mobilisation des citoyens. « Nous devons construire une communauté pour défendre les droits de ces personnes », déclare Miro Griffiths avec détermination.

L’égalité des chances est indispensable. « Comme des gens valides, les personnes handicapées aspirent à avoir toutes les chances de leur coté, sans distinction entre un handicapé et une personne valide » explique Philippe Miet, délégué permanent du Conseil français des personnes handicapées pour les questions européennes. Est-il possible de changer le regard des gens à l’égard de ces personnes ? Philippe Miet est prudent : « La situation bouge tout doucement. Les personnes handicapées ne sont pas vraiment considérées comme égales. » Miro Griffiths, lui, pointe du doigt le gouvernement : « Nous voulons de l’inclusion mais la politique va dans un autre sens. » Mais la plupart des associations sont optimistes, à l’image de Grégoire Charmois : « C’est un travail de longue haleine et qu’il faut de l’audace et de la détermination. C’est possible faisons le !