La Maroc, pionnier de l’écotourisme ?

COP22. L’Organisation mondiale du tourisme prévoit qu’en 2020 un milliard et demi de touristes parcourront le monde. Face à cette perspective et aux menaces qu’elle fait peser sur l’environnement, le Maroc amorce le tournant vers l’écotourisme et le tourisme durable.

 Par Nabil Ben Ali Ouriaghli (Maroc)

Dans le contexte de mondialisation des échanges que connait le XXIème siècle, le tourisme représente le premier secteur économique mondial. Toujours en expansion au Maroc, il est classé deuxième contributeur au PIB national (12% du PIB) et deuxième créateur d’emplois (507 000 emplois directs). L’Organisation mondiale du tourisme prévoit en 2020 un milliard et demi de touristes dans le monde, soit plus d’un cinquième de la population mondiale.

Il est indispensable de prendre la mesure des impacts du tourisme sur l’environnement ainsi que sur le bien-être et la culture des populations d’accueil. A ce jour, le tourisme représente la moitié des émissions de gaz à effet de serre des vols internationaux, et participe ainsi considérablement au réchauffement climatique. Le tourisme génère également des déchets et accroît la pollution sur les lieux d’accueil. On peut facilement imaginer les conséquences que le triplement des flux touristiques, en l’espace d’une seule génération, aura sur l’environnement s’il n’est pas maîtrisé.

Voilà pourquoi le Maroc se tourne vers l’écotourisme. Dans les faits, les projets avec une forte composante environnementale sont encore très peu nombreux. Quand on parle d’écotourisme, il s’agit en vérité de tourisme rural, parfois à caractère solidaire, contribuant à apporter des ressources nouvelles dans les campagnes. Des initiatives très intéressantes voient le jour avec une mise en valeur des produits du terroir, la création d’appellations d’origine ou la labellisation d’établissements exerçant un tourisme responsable nommé établissement Clef Verte.

Ce label reconnaît le respect d’un cahier des charges spécifique et exhorte les touristes à faire des efforts et à adopter un comportement approprié en vacances. Ils sont notamment invités à ne pas jeter leurs déchets par terre mais à les mettre dans les bacs appropriés dans le cadre de la collecte sélective, limiter le nombre de douches et leur durée, ne pas prendre la voiture pour des petits trajets qui peuvent être faits à pied et éteindre les lumières et appareils électriques dans les pièces inoccupées.

A Marrakech, la maison d’hôte Dar Choumissa s’est engagé dans une démarche environnementale pour réduire son impact quotidien sur l’environnement : limitation de la quantité de déchets produits et amélioration de leur gestion, éclairage à la bougie et au gaz, puis installation de panneaux solaires permettant d’alimenter quelques lampes. C’est ainsi que le Maroc se positionne parmi les pionniers des pays africains et du Maghreb dans le domaine de l’écotourisme et de projets à fort impact écologique.