L’environnement et la jeunesse font-ils bon ménage ?

COP22. À quelques jours du départ à Marrakech pour assister à la COP 22 du 10 au 19 novembre, j’ai décidé d’aller interroger quelques jeunes de quartiers populaires pour connaître leur rapport et leurs connaissances relatives à l’environnement

Par Abdel Hamed (France)

« Il y a plus important dans la vie que le développement durable », souffle Malik, 18 ans, étudiant en droit à Paris, les yeux scotchés aux écrans dès qu’il a du temps libre. La génération Y – obnubilée par les appareils électroniques – semble loin des préoccupations écologiques. Plus intéressée par les nouvelles technologies que par le développement durable, elle n’a pas l’air de réaliser que la planète qui se dégrade est la sienne. « Il me reste un vague souvenir d’une définition apprise en cours concernant le développement, par exemple faire le tri sélectif, pas gaspiller, etc… » Une définition assez vaste qui en dit long sur son désintérêt pour le sujet.

L’environnement et les jeunes font-ils bon ménage ? Pour les sensibiliser, le club de football de Saint Mandé, Val de Marne, a récemment proposé un jeu sur le thème de la préservation de l’environnement à des jeunes de 6 à 13 ans autour du tri sélectif. « Trois poubelles de trois couleurs différentes étaient exposées. Les jeunes avaient des déchets et devaient les mettre dans la poubelle qui leur semblait la bonne. C’était une activité ludique et enrichissante qui les a coupé du foot l’espace d’un instant. Elle m’a beaucoup appris à moi aussi », explique Ahmed, 18 ans, éducateur sportif.

Pour Mikael, 22 ans, originaire de Bondy, l’écologie est une évidence : « Ma mère est tombée dedans quand elle était jeune, cela est arrivé jusqu’à moi et je pense que je le transmettrai à la génération suivante. Je mange des produits biologiques depuis tout petit et j’y ai pris goût. Mes parents sont écolos, je ne suis pas autant à cheval qu’eux mais je fais le geste qu’il faut si je peux. » Quand on lui demande s’il est difficile de respecter toutes ces « pratiques », il nous répond : « Non, ce n’est qu’une habitude à prendre tout simplement, d’autres ont appris à jouer au foot moi, à respecter l’environnement. »

Les réactions des autres jeunes interrogés montrent une certaine ignorance des gestes à faire pour contribuer au développement durable. « Ce n’est pas m’intéresser à l’écologie qui va me faire réussir mon bac » ; « Le foot et les jeux vidéos c’est plus intéressant que leur tri sélectif » ; « De toute façon on n’a pas fait attention à l’environnement pendant des années, aujourd’hui on peut plus rien faire » ; « Honnêtement ? Toutes ces questions environnementales ça me passe au-dessus de la tête. »  Pourtant, sans y penser, eux aussi réalisent des éco-gestes. « On ne sensibilise pas assez les plus jeunes à l’école, regrette Mikael. J’ai déjà proposé à ma CPE (conseillère principale d’éducation) de faire intervenir mes parents au lycée lorsque j’étais en étudiant. En vain ».

Quant à la COP 22, aucun des jeunes interrogés ne sait en donner une définition ou dire ce qui va s’y passer. Le néant. Et pourtant la COP 21 s’est déroulée à Paris l’an dernier…