Les coopératives et les associations, incubateurs de richesses

COP22. Lancée par le roi Mohammed VI, le 18 mai 2005, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) vise à lutter contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, notamment à travers l’appui à des coopératives et des associations.

 Par Nabil BEN ALI OURIAGHLI

 

La coopérative Sebbar Rhamna

Dans la région de Marrakech-Safi, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), la Direction régionale de l’agriculture et l’Agence de développement social ont accompagné la création de la coopérative Sebbar Rhamna, qui rassemble les femmes de la commune rurale de Rhamna, engagées dans la production et la transformation du cactus lisse et rugueux. La Direction régionale de l’agriculture a d’abord sensibilisé ces femmes aux bienfaits du fruit du cactus. « La peau, le jus et les graines servent pour l’alimentation et les cosmétiques. Leurs vertus sont connues. Le jus de cactus fait par exemple baisser la pression sanguine, explique Dounia Miftahi, trésorière de la coopérative. Nous transformons les fruits pour fabriquer des huiles essentielles, du beurre de karité, de l’huile de graines de cactus, des laits alimentaires ou corporels, du baume-à-lèvre, etc. ». La Direction a également investi 500.000 Dirhams dans l’achat du matériel de transformation des fruits et facilité l’accès aux terres agricoles, en entamant des travaux de réseaux routiers. La vente des produits artisanaux a permis à la population locale d’améliorer son niveau de vie et ce, malgré les problématiques liées à l’emballage des produits de vente, à l’étiquetage et à la certification bio.

 

La coopérative el Hamri

Dans la commune de Fkih Ben Salah, située dans la région de Beni mellal-Khnifra, l’INDH a accompagné le projet de la coopérative el Hamri qui vise une extraction de l’huile d’olive respectueuse de l’environnement, en associant la population locale à l’extraction et la transformation de l’olive. Ce procédé entraîne en effet la production de déchets biologiques (nommés Al Marjane) à forte teneur en acide, qui, une fois jetés dans la nature, provoquent l’acidification de la terre et la rend infertile. La coopérative collecte ces déchets, les sèchent de la même manière que les paludiers récoltent le sel, afin de les transformer en poudre compacte qui peut servir à la fabrication de savon artisanal, de cosmétique, de nourriture pour le bétail ou encore en tant qu’énergie combustible.

 

L’association al Jisr

Enfin, l’INDH soutient Green Chip, un projet destiné à réduire la facture numérique et à protéger l’environnement au Maroc en donnant une seconde vie au matériel informatique usagé. Développé par l’association al Jisr, c’est aussi un projet innovant qui favorise l’insertion des jeunes en situation précaire, décrocheurs ou chômeurs. « Cette association d’utilité publique, basée à Oujda et Casablanca, dispose de centres de formation d’apprentissage professionnel dans lesquels est dispensé une formation diplomante en maintenance informatique reconnue par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle », explique Mounir Jeouit, responsable du projet. Les centres de formation disposent de chargés de collecte qui se déplacent vers les établissements publics et les administrations afin de collecter les ordinateurs hors d’usage qui passeront d’abord par une phase de tri : ceux qui sont réparables seront revalorisés dans les centres de formation pour être livrés aux établissements scolaires publics, ceux qui ne sont plus réparables subiront un processus de démantèlement par les étudiants afin d’en extraire les matières qui les composent (métaux lourds, cuivre, fer, plastique, aluminium) qui seront livrés à la société Managem qui se chargera du recyclage.