L’influence des changements climatiques sur la santé publique

COP22. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit près de 250 000 décès supplémentaires par an entre 2030 et 2050 en raison des changements climatiques. Mais ce ne sont pas là les seules conséquences à envisager.

Par Jawhara Hajaj (Maroc)

Tel que défini par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’état de santé n’est pas seulement l’état de non infirmité, mais est un état complet de bien-être mental, physique, psychique et social, auquel on peut inclure depuis peu un déterminant « environnemental ».

Les changements climatiques ont des influences négatives sur les déterminants de la santé comme la qualité de l’air, l’eau potable, la nourriture, l’habitat, la sécurité et les conditions d’hygiène. Ils se traduisent par la hausse du niveau de la mer, la fonte des glaciers, le changement des précipitations… Ces dégâts affectent surtout ceux qui vivent dans de petits États en développement ou dans des régions côtières, dans les mégapoles, dans les régions montagneuses et polaires. Pour la plupart dans les pays en développement, ces zones n’ont pas de bonnes infrastructures de santé. Elles seront donc les moins à même de faire face à la situation. Les enfants pauvres sont parmi les plus vulnérables face aux risques sanitaires.

Tous ces changements ont un effet direct sur la santé publique. Entre 2030 et 2050, on prévoit près de 250 000 décès supplémentaires par an et le coût des dommages directs pour la santé se situera entre 2 et 4 milliards de dollars. La chaleur extrême contribue à la mortalité par maladies cardiovasculaires ou respiratoires, en particulier chez les personnes âgées. Elle augmente aussi les concentrations en pollen et autres aéro-allergènes.

L’élévation du niveau des mers et le nombre croissant d’événements climatiques extrêmes détruiront des logements, des établissements médicaux et d’autres services essentiels. Plus de la moitié de la population mondiale vit à moins de soixante kilomètres de la mer. Les populations seront contraintes de se déplacer, ce qui renforcera divers risques sanitaires, allant des troubles de la santé mentale aux maladies transmissibles.

Le caractère de plus en plus aléatoire des précipitations entraînera un manque d’eau salubre qui pourra augmenter le risque de maladies diarrhéiques, alors que la pénurie d’eau provoquera sécheresse et famine. Les inondations contamineront les sources d’eau douce, accroîtront le risque de maladies à transmission hydrique et créeront des gîtes larvaires pour des insectes vecteurs de maladies tels que les moustiques. Elles provoqueront également des noyades et des traumatismes physiques, endommageront les logements et perturberont la prestation des services de soins et de santé.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre, en favorisant des sources d’énergie plus propres, en élargissant le choix des transports comme la bicyclette ou la marche, en sécurisant les transports publics, en changeant notre mode de vie en matière d’alimentation, de consommation ou d’énergies, peuvent donc avoir des conséquences positives pour la santé.