Nadia Oubaïdah, de Paris à Aït Baamrane, un voyage vers l’avenir

COP22. Ancienne commerciale et maman de deux filles, Nadiah Oubaïdah est partie depuis quelques années de Paris pour vivre dans le village de ses ancêtres au sud du Maroc. Au bout de quelques années, elle a réussi à y implanter une dynamique intéressante  à travers son association SOS Douars, qui œuvre dans le domaine de l’agriculture et de l’inclusion des femmes.

Par Samah Krichah (Tunisie)

 

SOS Douars est une association fondée en 2014, juste après les inondations dévastatrices qui ont touché la région d’Aït Baamrane, à 160 kilomètres au sud d’Agadir. Sa fondatrice, Nadia Oubaïdah, est franco-marocaine et a décidé de rentrer dans le pays de ses grands-parents pour se ressourcer. Elle est devenue une source d’espoir pour les habitants.

Petite, mince et dynamique, elle accueille chaleureusement les visiteurs sur son stand, au centre de l’espace société civile de la COP22. Elle propose aux passants des petits gâteaux faits par les femmes de la coopérative de SOS Douars. Elle profite de ce moment pour raconter l’histoire fascinante de l’association.

« Je suis rentrée au village de mes grands parents, peu avant 2014, suite à la perte de ma mère, mon frère et ma grand-mère successivement. Je suis rentrée reconstruire la maison en ruine de mon grand-père décédé, sans eau et sans électricité. Peu après, les inondations ont eu lieu et les flots ont détruit les maisons du village. Tout a commencé par un groupe de discussion sur facebook, que j’ai lancé pour essayer de reconstruire les maisons endommagées. Les dons n’ont pas tardé à venir et on a pu les restaurer, une dynamique de solidarité a vu le jour depuis ce moment-là et j’ai décidé de fonder l’association », se rappelle-t-elle.

L’association SOS Douars est composée de membres qui sont les habitants du village. Elle œuvre aujourd’hui pour une vie plus juste et prospère pour tous à travers un modèle d’économie sociale et solidaire, incluant les femmes et valorisant les produits du terroir.

Elle poursuit : « Aujourd’hui, nous, les habitants du village, les volontaires du monde entier qu’on accueille et moi-même, vivons ensemble, travaillons ensemble et mangeons ensemble. Nous recevons des dons de gens des quatre coins du monde mais nous essayons d’en faire quelque chose de pérenne afin d’assurer la plus grande autosuffisance possible ».

L’association a reçu, à titre d’exemple, des machines à coudre, elle en a fait un atelier de couture qui va lancer bientôt sa ligne de vêtements. Les pompes solaires et les participations de la mairie pour effectuer des forages vont permettre aux habitants d’Aït Baamrane, dépourvus d’eau potable, de pouvoir boire et irriguer leurs terres plus facilement, dans le but de développer l’agriculture et l’élevage dans la région et de pouvoir subvenir aux besoins de la population croissante.

« Mon arrière grand-père a fondé le village, il était un homme très respecté. Et malgré les difficultés que je rencontre face à la mentalité très conservatrice du village, surtout par rapport au travail des femmes, les villageois sont contents de voir la petite fille revenir pour prendre la relève. Mon objectif est de rendre tout le village vert », réplique-t-elle.

Nadia est revenue pour faire son deuil dans son pays d’origine, mais elle se trouve aujourd’hui hantée par le désir de développer avec ces gens, qui sont au final sa famille, un nouveau mode de vie, tout à la fois juste et authentique.