Une vision différente des réfugiés climatiques

COP22. Mercredi 16 novembre, le géographe Mohamed Charef a donné une conférence sur le thème migrations et changements climatiques à l’Ecole supérieure des arts visuels (ESAV) de Marrakech.

Par Abdelwahab HAMED (France)

 

Mercredi 16 novembre, une cinquantaine de personnes sont réunies à l’ESAV (Ecole supérieure des arts visuels), de Marrakech, pour assister à la conférence-débat « Migrations et mobilités humaines dans une perspective d’adaptation aux changements climatiques » donné par Mohamed Charef, géographe, urbaniste et expert dans le domaine des migrations et de la mobilité des populations.

Selon l’ONU, d’ici 2050, 250 millions de personnes seront forcées de se déplacer à cause du réchauffement climatique, la majorité d’entre elles seront sur le continent africain. « Le terme de réfugié environnemental a été utilisé pour la première fois officiellement en 1985 dans un rapport des Nations Unies, retrace M. Charef dans un bref historique. Mais ce n’est que vingt-cinq ans après, lors de la COP à Cancun, au Mexique, en 2010, qu’il y a eu une prise de conscience. Jusque-là les migrants étaient considérés comme des effets collatéraux. » Pour autant, aucune décision n’est prise.

Avec son intervention, le géographe veut ouvrir d’autres perspectives sur les migrants. « Aujourd’hui, la plupart des personnes ont une mauvaise image ou des a priori sur les migrants, souligne-t-il. Mais il ne faut pas oublier que lors de la reconstruction de l’Europe, la main-d’œuvre de l’Est étant bloquée par le mur de Berlin, les pays occidentaux ont fait appel aux Maghrébins. Cela n’a dérangé personne. » Prenant du recul, il tient surtout à rappeler que « nous sommes tous des immigrés, même si certains l’oublient parfois ».

Pour lui, les réfugiés climatiques ne sont pas des migrants mais des personnes en mobilité forcée. Le problème est qu’ils n’ont pas encore de statut juridique reconnu par les Etats. « Il devrait y avoir des juridictions pour leur venir en aide. On parle de migration mais on oublie souvent que ce sont avant tout des êtres humains et qu’ils doivent avoir des droits. » A la COP22, beaucoup de personnes se mobilisent sur cette thématique. Mais pour que la situation évolue, « il faudrait une implication de tous les politiques. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. »